ScoumounMan – Chapitre 10

Un mal de crâne, semblable au quintuple de celui qu’a dû ressentir Zizou en heurtant son front sur le torse de Materazzi, réveilla Claude. Il ne savait pas dire si c’était à cause du Whisky ou à cause du coup qui l’avait mis KO. La bouche pâteuse, il conclut que c’était certainement les deux. En tâtonnant son cuire-chevelu et l’ouverture béate qu’avait laissé le tesson de la bouteille, il ouvrit légèrement les yeux pour découvrir qu’il avait dormi dans un lit. Claude fronça les sourcils. Il ne comprenait pas. Il aurait dû se réveiller quasi mort au fond d’une impasse et pas dans une chambre d’hôtel, plutôt classe qui plus est. Les chinois auraient même dû le jeter dans un fleuve, un bloc de béton accroché au bout des jambes. Claude se demandait ce qu’il pouvait bien foutre la tête sur de la soie et  le corps sous un chaud duvet. On aurait dit que quelqu’un avait pris soin de lui, ce qui était tout bonnement inconcevable.

La sonnerie d’un téléphone sans fil posé sur la table de chevet retentit, lui donnant l’impression que son crâne allait exploser. Il fallait que ça cesse. Il décrocha. Une voix dit calmement mais avec une autorité naturelle : « Dans le tiroir ». Claude l’ouvrit. Il y trouva un revolver. Encore dans le coaltar et ne saisissant pas vraiment ce qui lui arrivait ni même ce qui l’entourait, il prit l’arme en main. « Ouvre le placard à ta droite maintenant. » Sans savoir pourquoi ni comment, Claude s’exécuta, puis revint à lui d’un coup. Dans le placard, gémissait un homme, en slip, à genoux, bâillonné et ligoté.

« Je vous présente Jean Deauvillier. Jean aime beaucoup les enfants. Un peu trop même. Il a des amis bien placés aussi. Il a toujours réussi à s’en tirer. Le père d’un des enfants qu’il a un peu trop aimé nous a demandé de nous en occuper. Il est pour toi. La première fois, c’est toujours plus facile quand c’est un connard. Tu lui tires une balle dans la tête. Tu laisses l’arme et tu te barres. Tu n’avais rien à perdre ? Maintenant, tu as tout à gagner. C’est bien payé. »

L’homme avait raccroché. Son discours était rodé. Claude tremblait. Il ne pouvait pas. Il regarda l’arme, regarda Jean Deauvillier, regarda l’arme. Puis, il la laissa tomber et voulu prendre ses jambes à son cou. Avant qu’il ait pu se retourner, le flingue tomba pile sur le percuteur et le coup parti tout seul. Un trou s’était formé entre les deux yeux de l’homme agenouillé d’où s’échappait un liquide noirâtre. La scoumoune l’avait tué. 

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